En 2022, la Belgique s'est retrouvée en première ligne d'une cyberguerre mondiale en escalade. Le Ministère belge des Affaires étrangères a publiquement accusé des hackers soutenus par l'État chinois de cyberattaques contre les Ministères fédéraux de la Défense et de l'Intérieur. Le groupe hospitalier Vivalia a été paralysé par un ransomware, forçant un retour aux dossiers papier. Des organisations du secteur public, des prestataires de soins de santé, des communes et des universités ont tous été victimes de cyberattaques réussies tout au long de l'année.
Ce ne sont pas des incidents isolés. L'Europe a connu une augmentation de 26 % des cyberattaques en 2022, et le rapport annuel d'IBM sur le coût des violations de données a établi le coût moyen mondial à 4,35 millions de dollars par incident — un record historique. Pour les entreprises belges, en particulier les PME qui forment l'épine dorsale de l'économie bruxelloise, comprendre et se défendre contre ces menaces n'est pas optionnel — c'est une question de survie.
L'épidémie de ransomware : la Belgique assiégée
Le ransomware est resté la menace la plus destructrice en 2022. Selon l'ENISA, le ransomware représentait 54 % des menaces de cybersécurité dans le seul secteur de la santé. L'attaque contre Vivalia en mai 2022 a démontré l'impact dévastateur dans le monde réel : des chirurgies ont été reportées, les dossiers patients sont devenus inaccessibles et l'ensemble du réseau hospitalier a été contraint de fonctionner manuellement pendant des semaines.
Des organisations belges de tous les secteurs ont été ciblées. KonBriefing Research a documenté des cyberattaques réussies touchant 9 organisations du secteur public, 6 institutions de santé, 5 communes, 3 universités et 2 organisations d'aide sociale en Belgique en 2022. Le nombre réel est certainement plus élevé, car de nombreuses attaques dans le secteur privé ne sont pas signalées.
L'économie du ransomware a radicalement changé. Les opérateurs de ransomware modernes emploient la « double extorsion » — chiffrant les données tout en menaçant de les publier si une rançon n'est pas payée. Les demandes de rançon moyennes ont explosé, et même les organisations qui paient constatent souvent que leurs données sont partiellement corrompues ou font face à des attaques répétées. Le coût médian d'un incident de sécurité majeur dans le seul secteur de la santé européen a atteint 300 000 euros, selon l'étude ENISA NIS Investment 2022.
Hameçonnage, ingénierie sociale et attaques de la chaîne d'approvisionnement
L'hameçonnage (phishing) reste le principal vecteur d'attaque initial pour la majorité des violations. L'Anti-Phishing Working Group a enregistré plus de 10 millions d'attaques de phishing au seul premier trimestre 2022, avec un pic au troisième trimestre atteignant 1 270 883 attaques. SlashNext a signalé une augmentation de 61 % des vecteurs d'attaque de phishing utilisant des URL malveillantes, totalisant 255 millions d'incidents dans le monde.
Le phishing moderne a considérablement évolué au-delà des e-mails grossiers du passé. Les attaquants utilisent désormais des campagnes sophistiquées de compromission de messagerie professionnelle (BEC), usurpant l'identité de dirigeants ou de fournisseurs de confiance avec des répliques quasi parfaites de communications légitimes. Le contenu généré par l'IA rend les e-mails d'hameçonnage de plus en plus difficiles à distinguer des messages authentiques.
Les attaques de la chaîne d'approvisionnement ont émergé comme une menace critique et croissante, représentant 19 % de tous les incidents de cybersécurité en 2022. La logique est dévastatrice : plutôt que d'attaquer directement une cible bien défendue, les attaquants compromettent un fournisseur ou un éditeur de logiciels de confiance, obtenant l'accès à tous leurs clients. L'attaque de la chaîne d'approvisionnement de Toyota en mars 2022 — où une attaque ransomware contre le fournisseur de composants Kojima Industries a forcé Toyota à arrêter toute sa production au Japon — a démontré comment un seul fournisseur compromis peut avoir des répercussions sur toute une industrie.
Recommandations du CCB belge et cadre réglementaire
Le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) est l'autorité nationale en matière de cybersécurité. Il coordonne la stratégie nationale cyber et fournit des orientations aux entreprises et aux citoyens. Le CCB opère l'équipe de réponse aux incidents CERT.be et publie régulièrement des avis de menaces et des guides de bonnes pratiques.
Les recommandations principales du CCB pour les entreprises belges comprennent : la mise en œuvre de l'authentification multifacteur sur tous les systèmes, le maintien de logiciels à jour grâce à une gestion rigoureuse des correctifs, le déploiement de la segmentation réseau pour contenir les violations potentielles, l'établissement et le test régulier de plans de réponse aux incidents, et la formation régulière de sensibilisation à la sécurité pour tous les employés.
Le paysage réglementaire belge en matière de cybersécurité est façonné par plusieurs cadres qui se chevauchent : le RGPD régit la protection des données personnelles, la Directive NIS (et son successeur NIS2, en vigueur à partir de 2024) établit des obligations de sécurité pour les entités essentielles et importantes, et la loi belge du 7 avril 2019 fournit un cadre national de cybersécurité. Les organisations des secteurs réglementés comme la finance et la santé font face à des exigences sectorielles supplémentaires.
Notification de violation RGPD : ce que vous devez faire en 72 heures
En vertu de l'article 33 du RGPD, les organisations doivent notifier l'Autorité de protection des données belge d'une violation de données personnelles dans les 72 heures suivant sa découverte, sauf si la violation est peu susceptible d'entraîner un risque pour les droits et libertés des personnes. Lorsque la violation présente un risque élevé pour les personnes, l'article 34 exige en outre une notification directe aux personnes concernées.
La notification doit inclure la nature de la violation, les catégories et le nombre approximatif de personnes concernées, les conséquences probables et les mesures prises ou proposées pour remédier à la violation. Le défaut de notification peut en soi entraîner des amendes significatives — jusqu'à 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial en vertu de l'article 83(4) du RGPD.
Les organisations belges ont fait face à des sanctions concrètes. L'APD belge a imposé des amendes allant jusqu'à 600 000 euros pour des violations du RGPD, et les sanctions à l'échelle de l'UE peuvent atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Au-delà des sanctions financières, une violation signalée publiquement cause des dommages réputationnels qui peuvent persister pendant des années.
Construire des couches de défense pratiques
Une cybersécurité efficace nécessite une approche de défense en profondeur — plusieurs couches se chevauchant pour garantir qu'aucun point de défaillance unique ne puisse compromettre l'ensemble de l'organisation. Couche 1 — Défense périmétrique : Déployez des pare-feu de nouvelle génération, un filtrage DNS et des passerelles de sécurité email avec protection avancée contre les menaces.
Couche 2 — Gestion des identités et des accès : Implémentez l'authentification multifacteur (MFA) pour tous les utilisateurs. Appliquez le principe du moindre privilège. Utilisez une solution de gestion des accès à privilèges (PAM) pour les comptes administratifs. Couche 3 — Protection des endpoints : Déployez des solutions de détection et réponse sur les endpoints (EDR) sur tous les appareils. Maintenez une gestion rigoureuse des correctifs avec une fenêtre maximale de 72 heures pour les vulnérabilités critiques.
Couche 4 — Protection des données : Chiffrez les données sensibles au repos et en transit. Implémentez des outils de prévention des pertes de données (DLP). Maintenez des sauvegardes régulières et testées selon la règle 3-2-1 : trois copies, deux types de supports différents, une copie hors site. Couche 5 — Surveillance et réponse : Déployez un système SIEM. Établissez une capacité de centre opérationnel de sécurité — interne ou externalisé — qui surveille 24/7.
Couche 6 — Défense humaine : Organisez des formations régulières de sensibilisation à la sécurité avec des simulations de phishing. Établissez des procédures de signalement claires. Souvenez-vous : 85 % des violations impliquent un facteur humain, faisant de vos collaborateurs à la fois votre plus grande vulnérabilité et votre meilleure défense.
Comment Shady AS peut vous aider
Shady AS SRL, basé à Bruxelles, aide les entreprises belges à construire des postures de cybersécurité résilientes. Notre équipe réalise des évaluations de sécurité complètes, conçoit et met en œuvre des architectures de défense en profondeur, et fournit un suivi continu ainsi qu'un support de réponse aux incidents. Nous comprenons aussi bien le paysage technique des menaces que l'environnement réglementaire belge, y compris le RGPD, NIS2 et les exigences sectorielles.
Que vous ayez besoin d'un audit de sécurité complet, d'aide pour concevoir votre plan de réponse aux incidents, ou d'un partenaire de confiance pour gérer vos opérations de sécurité, Shady AS possède l'expertise pour protéger votre entreprise. Contactez-nous via notre site web pour planifier une évaluation initiale de cybersécurité et comprendre où se situe votre organisation face aux menaces actuelles.